La fanfare municipale de Fenain à Boulogne-sur-mer, mise en vente des "Moulins à Scories" de Lourches, La Compagnie des Mines d'Aniche, nouvelles cloches à l'église de Raismes, le monument aux morts de Raismes,  la sucrerie Delloye à Abscon a repris ses activités trois ans après la fin de la guerre 1914-1918...

(petite) sélection d'évènements illustrant l'année 1921 en Ostrevant Ostrevent(1) durant la période d'Entre-deux-guerres (1918-1939).

- Compagnie des Mines d'Aniche :

  • La Compagnie des Mines d'Aniche annonce le rachat de la Société houillère de Flines-lez-Raches, dont la concession est limite de la sienne.
    • Les 2 puits de cette société, situés près de la Scarpe, sont utilisés comme retours d'air.

- Denain :

  • La briqueterie de Denain située chemin d'Abscon est à vendre. Elle dispose d'un four mécanique et de 6 hectares de terrain industriel.

- Fenain :

  • La Fanfare municipale participe à la Fête fédérale des Musiques du Nord, le 15 Aout, à Boulogne-sur-mer.

- Lieu-Saint-Amand :

  • Création de  Harmonie de Lieu-Saint-Amand. Son premier directeur musical est Victor Soileux (jusqu'en 1930). Son successeur est Alexandre Debieve.

- Lourches :

  • La liquidation des biens allemands séquestrés après 1918 se poursuit. Me Emond, notaire à Denain (98 rue de Villars) est chargé de la vente des biens confisqués à la société allemande Totte Milch & Cie. En l’occurrence, il s'agit d'une usine de fabrication de produits chimiques valorisants des composants issus de la sidérurgie et plus communément appelée "Moulins à Scories"(2), basée à Lourches, quai de l’Escaut et reliée par une voie ferrée à son principal fournisseur, les Forges et Hauts Fourneaux de Denain-Anzin.
    • Cette usine s'étend sur 4 hectares et comprend, outre les bâtiments industriels, la maison du directeur et 9 maisons ouvrières. Mise à prix : 1.106.000 F. Cette vente publique intègre également un terrain industriel d'une superficie de 82 ares, situé à Bouchain, au lieu dit "La casse caillou" (presse locale*)

- Polonais dans le Bassin Minier :

  • Suite au recrutement massif d'une main d’œuvre polonaise (directement depuis Pologne ou depuis les territoires allemands de Westphalie) par les Compagnies minières, une vie associative spécifique prend forme. En voici quelques exemples dans le domaine culturel :
    • Chorales :
      • la chorale Lutnia (le luth) à Dechy, près de Douai.
      • la chorale Slowik (le rossignol) à Marles-les-mines (bassin Minier du Pas-de-Calais)
      • la chorale Wanda à Noeux-les-mines (Pas de Calais)...

- Raismes : 

  • Trois nouvelles cloches sont installées à l'église de Raismes. Comme le veux la tradition catholique, elles sont baptisées sous les noms de Alfreda, Gabrielle et Henriette.
    • Les trois cloches prises par l'occupant allemand durant la guerre 1914-1918 en vue d'être fondues, se prénommaient Marie, Cécile et Bernarde (J.J.Sourdeau*).
  • Selon J.J.Sourdeau*, le monument aux morts de la grande guerre 1914-1918 est inauguré le 13 novembre 1921.
    • Il est l’œuvre de Georges Rougefort, sculpteur-marbrier installé à Saint-Amand (auteur de quelques autres monuments aux morts, dont ceux d'Hasnon, Bousignies, Bruille-Saint-Amand, Maulde, Millonfosse, Rosult, ou encore la colonne implantée au cimetière de saint-Amand-les-Eaux en commémoration du conflit de 1870). (Monuments aux morts. Université Lille*).

- Sucreries :

  • L'industrie sucrière a vu ses usines soit en grande partie soit totalement détruites au cours de la guerre 1914-1918. En janvier 1921, un premier bilan est publié. Quelques exemples :
    • Les sucreries fermées :  Saulzoir, marque S.A ; Bouchart à Lecelles , Célestin Fauville à Neuville-sur-Escaut (15.000 sacs en 1914. Arrêt de la sucrerie et de la distillerie)
    • Les sucreries qui devraient redémarrer d'ici la fin de cette année : Sucrerie Desmoutiers à Hornaing (10.000 sacs en 1914), la sucrerie de Masny (25.000 sacs en 1914), D'Haussy à Artres (40.000 sacs en 1914), Paul Cuvelier à Sin-le-Noble (qui est absorbée par la sucrerie d'Haussy à Artres)
    • Probable reconstruction mais aucune date avancée : sucrerie Jacquart à Sin-le-Noble (dont le site de production est en fait situé à Guesnain. 15.000 sacs en 1914), Sucrerie Centrale de Cambrai (Escaudoeuvres. 250.000 sacs en 1914), Maison Delloye à Iwuy, Jules Helot à Noyelles-sur-Escaut, Sucrerie de Solesmes, maison Théophile Risbourg à Cauroir (qui fusionne avec la sucrerie de Caudry), sucrerie Gilbert à Escaudoeuvres
    • La production a repris dans J et P Delloye(3) à Abscon (45.000 sacs en 1914, un objectif de 60.000 sacs pour 1922). Précisons ici que Les Delloye prendront possession en 1927 des sucreries de Masny et de celle de Denain
    • Reconstruction probable ou non terminée :  Delloye à Avesnes-le-Sec (16.000 sacs), Sirot-Mallez à Denain (10.000 sacs).
    • Au même moment, la sucrerie F.Beghin a repris ses activités à Thumeries (Lille) (175.000 sacs en 1914), et a déjà engagé sa croissance externe en prenant possession des sucreries de Phalempin et de Lécluse. C'est bien plus tard, en 1972, que Beghin prendra le contrôle de la vaste Sucrerie Centrale de Cambrai, implantée à Escaudœuvres.

- Verreries :

  • Les verreries à vitres du Nord sont en crise, alors qu'elles viennent à peine de redémarrer après une période de reconstruction. On estime, en avril 1921, que 10  des 13 fours situés dans le Nord sont à l’arrêt. Les 3 fours maintenus provisoirement en activités sont ceux des verreries d'Aniche : verrerie Dupourqué, verrerie de la gare et la verrerie d'En-Haut de la société anonyme des verreries et manufactures de glace. La première devrait arrêter en avril prochain mettant au chômage 400 personnes. Au total 2.500 à 3.000 ouvriers verriers sont ou seront bientôt au chômage.
    • Les industriels verriers évoquent les effets "désastreux" de la concurrence des verreries belges qui ont pu redémarrer plus tôt, et qui "inondent le marché grâce à prix de revient moindre en raison d'un charbon moins couteux". (80 à 100F la tonne contre 225 F la tonne dans le Nord). "...sans compter que le sable nous coute 6 fois plus cher qu'avant guerre, la soude jusqu'à 8 fois sans parler de l'augmentation des salaires". Le sénateur du Nord (et maitre verrier) Paul Hayez a certes obtenu récemment un relèvement des droits de douane, mais "c'est trop tard, le mal est fait".(GEdN*)

- Wallers-Arenberg :

  • Suite aux destructions menées par l'occupant allemand en octobre 1918, le clocher de l'église Sainte Barbe, située dans le quartier minier d'Arenberg a été reconstruit et l'église ouverte au culte cette année.

(1) Voir l'article : Doit-on écrire Ostrevant ou Ostrevent ?

(2) Située à l'emplacement de l'actuelle casse-auto de Lourches, au bord du Canal de l'Escaut.

(3) J.Delloye est Président du Syndicat des producteurs de sucres, administrateur de l'Union Industrielle de Crédit pour la Reconstruction, administrateur (aux cotés de Léopold Pralon, Président) de la société des Forges et Hauts-fourneaux de Denain-Anzin et membre du "conseil des directeurs" (Conseil d'administration) de la Compagnie des Mines d'Aniche.

Dudzinski150© Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Journaliste.

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Mes articles sont régulièrement mis à jour. Sources : Archives personnelles, mes recherches aux Archives (archives municipales, ADN, CHM, AMT...), mes notes de lectures(*), mes livres "Denain et le Denaisis : Histoire d'un Bassin Industriel". "Balade musicale dans la Communauté Polonaise du Nord-pas de Calais" (1992)

(*) Voir Bibliographie.