escaudainL'un est guerrier et l'autre ne l'est pas... L'un est situé à Abscon, et l'autre à Escaudain. Mais le point commun de ces deux monuments honorant les morts des différentes guerres, est qu'ils n'affichent pas un caractère religieux. Explications...

A partir de 1920, on élève des monuments honorant les morts de 1914-1918...

Dès le 13 aout 1920, "Monsieur le Maire propose au conseil de voter une somme de 3000 F comme première souscription pour l'érection d'un monument à la mémoire des enfants d'Abscon morts pour la Patrie". Le  cout du projet est estimé à 12.000 francs.

Deux ans plus tard, le 9 juin 1922, le projet est repris, mais avec un budget plus conséquent : "La dépense s'élève à la somme de 26.800 francs, se décomposant comme suit : Monument en pierres de Soignies (1ere qualité) 19.600 F, Poilu devant le surmonter 5.300 F, Massif et Grille 1.900 F. Il restera à pourvoir à une dépense de 5558,50 qui sera couverte par l'organisation de bals et concerts et par les subventions de l'État et de la commune en application de l'article 5 de la Loi du 25 octobre 1919" précise Pierre Villette, maire de la ville, lors d'une réunion de son Conseil Municipal (Archives Départemantales du Nord).

Seulement voilà : le Préfet n'apporte pas une réponse favorable à la demande de la ville d'Abscon, évoquant le fait que "le projet adopté par l'assemblée communale ne présente pas un caractère esthétique suffisant".

Cela n’empêche pas Pierre Villette de poursuivre la réalisation de son projet, après y avoir apporté quelques modifications.

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Ainsi, le monument est construit et inauguré le 3 septembre 1922. Villette fait apposer l'inscription suivante : le monument aux morts a été "érigé pas souscription publique et subvention communale, avec le concours e la Compagnie des Mines d'Anzin et la société des forges de Denain".

Ce n'est que 25 janvier 1923 que la Commission chargée de l'examen, au point de vue artistique, des projets de cette nature fini par émettre un avis favorable à l'approbation du nouveau projet présenté par la Commune d'Abscon...

La sculpture en fonte de fer bronzée est réalisée par les ateliers de la fonderie d'art du Val d'Osne (Haute-Marne), d'après une création du sculpteur Charles-Henri Pourquet (1877-1943). Le modèle de cette œuvre, dénommée "Résistance" a connu un très grand succès et a été reproduit à plusieurs centaines d’exemplaires dans toute la France (dont notamment, pour le monument de la commune de Villers au Tertre).

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 "L'allégorie à la patrie, avec le drapeau et le laurier, est célébré par un soldat éploré, la main sur le cœur".

A Escaudain, le monument aux morts est tout autre.

On y voit non pas un soldat, mais une femme en deuil et son enfant. La sculpture est l’œuvre de Maurice Rogerol (né à Douai le 26 mars 1873 et mort à Taza au Maroc, le 5 mai 1946)(1). La sculpture a été réalisée par la fonderie d'Henri Rouart (Paris)

Le monument est d'abord installé en 1920 contre l’ancienne école Michelet (sur la Grand'place), puis près de l'église (mais seul le socle et la statue de ce premier monument ont été conservés)

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"Le monument pacifiste d’Escaudain, représentant une femme en deuil, est celui retenu par la Fédération du Nord de la libre pensée afin d’y organiser le 11 novembre, pour la dixième année, un rassemblement pour la réhabilitation collective de six cents soldats fusillés pour l’exemple pendant la guerre de 14-18". La Voix du Nord. 10 Novembre 2015.

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A Lewarde aussi...

Notons qu'à Lewarde, le monument aux morts est la réplique exacte de celui d'Escaudain (même sculpteur, même fonderie, même taille).

Sources : le site "monuments aux morts" réalisé par le Laboratoire UMR CNRS IRHiS Institut de Recherches Historiques du Septentrion Université de Lille 3.

(1) Wikipedia.

 

francis dudzinski-ozdoba© Francis Dudzinski-Ozdoba. Passeur d'Histoire.

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Sources : Archives personnelles, mes notes de lectures(*), mon livre "Denain et le Denaisis : Histoire d'un Bassin Industriel".

(*) Voir Bibliographie.