escaudain camp de l'opéra Voici l'exemple d'une Cité et d'un Camp, celui dit de "l'Opéra" à Escaudain, qui se sont retrouvés, avec le temps, totalement cernés de toutes parts par l'industrie et ses pollutions (Usinor, le terril de la fosse de Roeulx, les fours à chaux), la route et la voie ferrée. Aujourd'hui, il ne reste rien, tant de la cité que du camp. Explications et photos...


Après le Carrefour des 4 Chemins, en direction de la Cité Schneider, se trouvaient La Cité et le Camp de l’Opéra. La première a été construite en 1926 par la Compagnie des Mines d’Anzin (pour loger notamment des mineurs polonais et leur famille) . Le Second est apparu après 1946 à l’initiative des Houillères.

Si la Cité est composée de maisons de briques, le camp est quant à lui un regroupement de baraquements en bois. Construits dans l’urgence pour loger temporairement des prisonniers de guerre allemands, ils vont ensuite accueillir des familles ouvrières.Ce type de logements, précaires, voire indignes, n'est en rien exceptionnel : ainsi dans le quartier Sabatier, à Raismes, il existait un ensemble similaire dénommé "le camp des baltes".

escaudain opéra  1947

Photo IGN 1947

Cet ensemble Cité et Camp est bordé par la voie ferrée Somain-Busigny, par les installations d’Usinor (l'"Agglomération") et le terril de la fosse dite de Roeulx (mais située sur le territoire d’Escaudain).

Sur cette photo ci dessous, on aperçoit le terril de Roeulx (N)1) et à l’arrière-plan, le terril de la fosse Schneider (N°2).

Avec la mise en service de l’usine de « l’Agglomération » de minerais (l’agglo) par Usinor (équipée ensuite de fours à chaux) et les travaux de destruction du terril de la fosse de Roeulx, les populations ouvrières se sont retrouvées au cœur d’une zone extrêmement polluée. Une situation absolument indigne.

L’incendie d’un des baraquements en pleine période de Noel dans les années soixante-dix va accélérer le relogement des habitants du camp vers la Cité Cail, près du cimetière. Les maisons de la Cité sont ensuite détruites en 1990.

escaudain camp de l'opéra

Il ne reste rien aujourd’hui, ni des arbres de la Cité, ni la moindre trace de logements.

D’autres baraquements de bois délabrés et insalubres existaient aussi sur la route de la Bellevue, sur la route d’Erre à Saint Mark (la Cité Jennings située au lieu dit "l’Hermitage"). Tous ont été détruits.

escaudain  camp bellevue

Ci-dessus : le camp dit de la Bellevue, totalement disparu. Le nouveau Collège a été implanté à cet endroit.

© Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Ecrivain Contact